Comment devenir un manager bienveillant

   Alors que la tradition dans le monde professionnel français est aux méthodes directives, la mode du management bienveillant se développe. Comme son nom l’indique, il s’agit d’encadrer ses troupes avec plus de doigté et de souplesse que la simple méthode consistant à donner des ordres et à se faire obéir sans broncher. Une technique qui requiert quelques modifications…


En osant la gratitude
   « Une récente étude de Google a révélé que c’est la gentillesse qui améliore le plus la productivité, », assure Philippe Rodet, auteur de l’ouvrage Le Bonheur sans ordonnance. Il poursuit : « Beaucoup de salariés que j’ai pu observer se plaignent qu’ils ne sont jamais complimentés quand leur travail est bien fait mais qu’ils perçoivent des reproches au quotidien pour tout et n’importe quoi. » Ce mode de management peut apparaître comme destructeur car il finit par faire croire qu’il n’est pas utile de travailler du mieux possible. Résultat : des collaborateurs qui en font le minimum. « Un manager doit avoir de la considération pour chacun de ses collaborateurs, estime Éric Albert, président de l’Institut français de l’action sur le stress (IFAS). Respecter un collaborateur, c’est respecter une personne avant de respecter une fonction dans la hiérarchie. » Comme tout être humain, il doit bénéficier d’un juste traitement. « Si vous savez complimenter vos collaborateurs quand ils le méritent, ils reconnaîtront et accepteront plus facilement le reproche s’il est justifié », note encore Philippe Rodet.


En fixant des objectifs atteignables
   Parmi les ressorts majeurs du management bienveillant, il y le fait de fixer à chacun des objectifs atteignables. « On a longtemps pu croire qu’un bon manager était celui qui poussait toujours ses collaborateurs vers l’excellence en leur fixant des objectifs au-delà de leurs possibilités, mais c’est une erreur », assure Chantal Prévost, psychologue du travail. Une bonne mission est une mission dont on voit qu’elle a une fin, de même qu’il faut fixer une arrivée à atteindre pour qu’un coureur consente à prendre le départ : demander à quelqu’un de parcourir 10 km, ce n’est pas lui dire d’aller jusqu’à 11, puis jusqu’à 12, etc. « Pour quantifier ces objectifs au plus juste, il faut que le manager connaisse bien ses collaborateurs et leurs capacités, poursuit Chantal Prévost. Il faut aussi connaître les leviers de motivation pour les encourager à atteindre cet objectif. » Certains ont besoin de plus d’attention que d’autres qui apprécient qu’on leur laisse plus d’indépendance…


En offrant souplesse et bien-être
   Philippe Rodet est formel : « Le management bienveillant peut s’appliquer dans toutes les entreprises. Il va d’ailleurs dans le sens des demandes de la jeune génération d’actifs, moins intéressée par la rémunération que par le cadre de travail et la façon de pouvoir travailler comme ils l’entendent, en confiance mutuelle. » Exemples : offrir la possibilité d’adapter les horaires de travail pour faciliter la vie personnelle et développer le télétravail certains jours si cela arrange le collaborateur. La tendance à plus d’indépendance, si elle est bien mesurée et souhaitée par la personne, ne peut que l’encourager à se montrer performante en retour. « J’estime indispensable un équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle, dit aussi Éric Albert. Les crèches, les services de conciergerie, les transports organisés par l’entreprise contribuent au bien-être des salariés. » Ce n’est pas du paternalisme mais de la bienveillance. C’est la mise en application du fameux adage "plaisir d’offrir, joie de recevoir" : un manager aux petits soins pour ses collaborateurs, à l’écoute de leur bien-être et de leur rythme de vie, les verra systématiquement en retour s’employer pour donner le meilleur d’eux-mêmes à leur poste.

 

Lire l'article à sa source

Partagez vos avis

Participez à l'amélioration du site en envoyant vos commentaires:

Vous êtes ?