Start-up africaine de la semaine : né dans un garage d’Alger, Emploitic.com s’attaque au continent

D’un site de petites annonces d’emplois, l'algérien Emploitic.com est devenu un portail bien connu des candidats à l’embauche en Algérie. Au point que ses fondateurs caressent désormais l’idée d’une expansion continentale.

Avec ses larges rues arborées de palmiers et ses coquettes résidences habillées de bougainvilliers, le quartier de Draria, sur les hauteurs d’Alger, a des airs de Californie.

Ce n’est pas la Silicon Valley mais c’est bien là qu’est né en 2006 le site de recrutement en ligne Emploitic.com ; qui ne volerait pas sa place parmi les jeunes pousses de la baie de San Francisco.

« On a commencé, ici, dans le garage », décrit Tarik Metnani, co-fondateur de la start-up avec Louaï Djaffer, au moment de la  visite des bureaux, en pointant une pièce exiguë au sous-sol de la villa. « Puis, d’année en année, on a occupé les étages jusque sous les toits ».

Une ascension à l’image de la croissance de l’entreprise, passée en dix ans, de deux associés à 55 salariés et de 4 à 200 millions de dinars (environ 1,6 million d’euros) de capital.

Avec 620 000 candidats et 8 000 recruteurs enregistrés sur son site, Emploitic se positionne en tête des sites de recrutement en ligne en Algérie, revendiquant plus de 50% du marché.

Une notoriété qui permet au site de rejoindre en 2009 The Network, l’alliance internationale des sites de recrutement leaders dans 133 pays, alors qu’il était en compétition avec plusieurs autres challengers algériens. Une avance que les deux associés s’emploient à préserver en perfectionnant constamment leur modèle.

L’innovation encore et toujours

Avec un master en management des organisations, Louaï Djaffer, un ancien de l’Université de Bab Ezzouar et de l’École nationale d’ingénieur de Metz (France), chapeaute le service commercial. Tandis que Tarik Metnani met sa formation de designer à l’École de design Kedge Design School de Toulon (France)  et son expérience de directeur d’agence digitale au profit du développement informatique.

Développement pour l’un, ergonomie pour l’autre, mais « la stratégie, on  décide ensemble », précisent cependant les deux associés âgés tous deux de 39 ans qui ne reçoivent jamais l’un sans l’autre.

Sur le plan technique, deux étapes clés du développement technologique ont fait du service ce qu’il est aujourd’hui. La première en 2010 avec le lancement de la seconde version de la plateforme qui introduisait le « matching », à savoir la mise en lien la plus pertinente possible d’un candidat avec un type de poste.

La deuxième, l’an dernier, lorsqu’Emploitic a accouché de sa « V3 » qui intègre une application de gestion des recrutements de dernière génération. « Près de 10 % du budget est consacré à la recherche et au développement », souligne Tarik Metnani.

Côté commercial, Emploitic a d’abord commencé avec les multinationales présentes en Algérie. « Puis, ça a été au tour des grands groupes algériens, ensuite des entreprises publiques à partir de 2008 et, à présent, on travaille à toucher les petites et moyennes entreprises (PME) », raconte Louaï Djaffer.

« Cette solution est venue démocratiser le recrutement via le web. La plateforme nous offre la possibilité  de mettre en place notre propre base de données de candidats qualifiés directement depuis notre espace Recruteur ainsi qu’une multitude de services pratiques tels que la flexibilité et le ciblage automatique », dit l’un des usagers du service, Adnane Zeribi, chargé du recrutement au sein de l’entreprise de télécoms Djezzy.

Un financement initial sur prêt public

Avant la croissance, encore a-t-il fallu qu’Emploitic se lance. Les deux associés ont  versé 200 000 dinars (environ 1 600 euros) chacun dans une cagnotte de départ. Et tous deux ont endossé le prêt contracté auprès de l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (Ansej) qui a financé le démarrage de l’activité.

« Nous n’avons commencé à nous payer qu’au bout de deux ans et nous avons retrouvé nos niveaux de salaire d’avant Emploitic après cinq ans d’activité », rappelle Louaï Djaffer.  « Avant », lorsque Tarik Metnani  était entrepreneur indépendant et  Louaï Djaffer chef de projet dans les télécoms.

Depuis actionnaires à parts égales de l’entreprise, les deux associés ont toujours autofinancé leur activité sans plus recourir au prêt. Non sans s’attirer des marques d’intérêt diverses et variées. Désormais, l’entrée d’un tiers au financement de la société est au programme. Tarik Metnani confie travailler sur ces « options d’investisseurs extérieurs depuis deux ou trois ans ».

Par

Source : jeuneafrique

Partagez vos avis

Participez à l'amélioration du site en envoyant vos commentaires:

Vous êtes ?